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Thambwe Mwamba rattrapé par son passé au RCD

Écrit par  15 juin 2017

Selon le quotidien La Libre Belgique daté du mercredi 14 juin 2017, le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, est attendu impatiemment devant le parquet de Bruxelles en vue d’y être entendu par juge Michel Claise. Il est fait état d’une plainte déposée contre ce membre du gouvernement congolais par l’avocat Alexis Deswaef, au

nom des familles des victimes de l’abattage, le 18 octobre 1998, d’un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines (CAL) au-dessus de l’aéroport de Kindu, dans la province du Maniema, par un missile «SAM» tiré par des rebelles du RCD/Goma (Rassemblement Congolais pour la Démocratie), dont il était un des cadres. Ce sabotage, rappelle-on,
avait causé la mort d’une cinquantaine de personnes, dont des membres de l’équipage.

Selon les éléments préliminaires contenus dans le dossier confié au juge Michel Claise, ce crash est assimilé à un crime de guerre et crime contre l’humanité. Il est notamment reproché à Thambwe Mwamba une déclaration assez compromettante faite à la suite de cette tragédie, en justifiant le plasticage de l’avion de CAL, quelques minutes après son décollage, par la présence à son bord des militaires de l’armée gouvernementale, sous le régime de Laurent Désiré Kabila.

A l’époque, cette accusation avait été démentie par les responsables de Congo Airlines et des témoins, qui avaient soutenu que l’avion en question transportait plutôt des civils qui fuyaient la guerre, après l’occupation de Kindu et de plusieurs villes de l’Est du pays par la
rébellion du RCD/ Goma.

L’affaire semble fort embarrassante pour Thambwe Mwamba, qui est épinglé comme un des donneurs d’ordre ayant provoqué la destruction de l’avion de CAL et le décès d’une cinquantaine de civils en période de guerre.

Mais, de l’avis de nombreux observateurs, le ministre de la Justice,
qui bénéficie largement de la présomption d’innocence, ne devrait pas
être, le cas échéant, l’unique seigneur de guerre à se présenter
devant la justice belge, s’il y est finalement contraint. Ce crime de
guerre et crime contre l’humanité ayant porté la signature commune du
staff du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, dont plusieurs
dizaines siègent dans les institutions nationales (Gouvernement,
Assemblée Nationale, Sénat), provinciales (assemblées et exécutifs
provinciaux), les entreprises publiques, l’armée et la police
nationales, les services des renseignements, la diplomatie, la grande
territoriale (gouverneurs et vice-gouverneurs de provinces, la liste
des prévenus devrait s’allonger. Le mérite d’un tel procès, s’il était
ouvert, serait de déterminer la responsabilité d’un chacun dans les
crimes présentement à charge de tous, de laver les innocents et de
condamner les vrais coupables.
De même, la justice belge, si elle est réellement animée de
l’intention de mettre fin à l’impunité dont jouissent des centaines
voire des milliers d’anciens ténors de différentes guerres de
libération et d’agression, ferait œuvre utile en portant son attention
sur les commanditaires et auteurs des massacres de Mugunga, Makobola,
Kasika, Ankoro, Kisangani, Mbandaka, Kinshasa et autres, de la coupure
du courant au barrage hydroélectrique d’Inga, aux saboteurs des ponts
et bâtiments publics comme privés… entre 1996 et 2003.
La liste des suspects coupables de crimes de guerre et crimes contre
l’humanité entre 1996 et 2003, restés jusque-là impunis, est tellement
longue que sa mise à jour ferait grand bien aux compatriotes épris de
paix et de justice. On peut retenir de l’alerte de la justice belge en
direction d’Alexis Thambwe Mwamba que nombre d’anciens seigneurs de
guerre congolais risquent, tôt ou tard, d’être rattrapés par leur
passé. Qu’on se souvienne à cet effet, des cas de Thomas Lubanga,
Matthieu Ngudjolo, Germain Katanga, Jean-Pierre Bemba et Bosco


Ntanganda.
Kimp